Voitures neuves : Prix en baisse en 2025 ? Tendances et prévisions

La statistique ne fait pas toujours la loi. En ce printemps 2024, les chiffres s’accordent pourtant sur un point inattendu : le prix moyen des voitures neuves, après trois ans de hausse continue, commence à reculer. Les constructeurs multiplient les offres de remise, les stocks dorment sur les parkings et les ventes s’essoufflent, tout comme l’inflation. Cette nouvelle donne pourrait bien façonner le visage du marché automobile jusqu’en 2025.

Où en est le marché des voitures neuves en 2024 ?

Le marché automobile français traverse une période de transition. Après trois années marquées par une envolée des prix, le rythme des ventes de voitures neuves s’essouffle au fil des mois. Les statistiques AAA Data montrent une timide avancée sur les cinq premiers mois de 2024, mais depuis mars, la dynamique faiblit. Face à des stocks gonflés par les surproductions de l’ère post-crise sanitaire, les grands noms de l’industrie, Renault, Peugeot et Volkswagen, n’hésitent plus à casser les prix pour accélérer les ventes.

Les premiers signes d’une correction apparaissent : le prix moyen des véhicules neufs commence à s’infléchir, surtout sur les citadines et les modèles compacts où la bataille commerciale fait rage. Les véhicules électriques neufs continuent de s’installer, aidés par le leasing social récemment supprimé, mais la demande reste fragile en dehors des aides publiques.

Pour mieux cerner la situation actuelle, voici trois points marquants :

  • Environ 820 000 immatriculations de voitures neuves recensées sur le premier semestre, dépassant le niveau de 2023.
  • La part de marché des véhicules électriques neufs grimpe au-delà des 18 %, portée par une offre élargie et des tarifs plus abordables.
  • Les remises moyennes grimpent jusqu’à 12 % sur certains modèles, un phénomène inédit depuis 2019.

Les réseaux affichent des stocks conséquents, équivalents à deux mois de ventes. Désormais, même les modèles jadis inaccessibles bénéficient de rabais, y compris chez les constructeurs premium. Le marché des voitures neuves en France se réajuste : la pression concurrentielle s’intensifie, la vague des véhicules électriques arrive, et la baisse des prix s’installe dans le paysage.

Quels facteurs expliquent la tendance à la baisse des prix ?

Le marché automobile retrouve un souffle différent, oscillant entre espoirs de reprise et ajustements imposés. Première cause : la chaîne d’approvisionnement s’est fluidifiée. Les difficultés d’accès aux composants électroniques, qui faisaient grimper les délais et les tarifs, s’estompent. Résultat : les concessionnaires croulent sous les stocks, forçant les constructeurs automobiles à revoir leurs politiques tarifaires pour retrouver l’équilibre.

La normalisation de la chaîne logistique profite d’abord aux modèles généralistes, qui retrouvent une disponibilité quasi normale. Mais la vraie bataille se joue ailleurs : l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment chinois, BYD, MG, vient bousculer les positions acquises, surtout sur les véhicules électriques. Les marques traditionnelles sont poussées à rogner leurs marges pour rester dans la course.

L’arrêt du leasing social début 2024, qui avait dopé la demande de véhicules électriques neufs, change la donne. Les commandes ralentissent, les stocks gonflent, et les promotions se multiplient. Certaines marques consentent désormais des remises à deux chiffres, en particulier sur l’électrique où la guerre des prix fait rage.

Les incertitudes autour des bonus écologiques ou du futur malus ajoutent une part d’attentisme chez les acheteurs. Les constructeurs s’ajustent en permanence, adaptant leurs offres pour ne pas perdre de parts de marché. Cette tension généralisée tire progressivement les prix des véhicules vers le bas.

Chiffres clés et analyses : ce que révèlent les données récentes

L’année 2024 a fortement animé le marché des voitures neuves en France. Les dernières données AAA Data font état de près de 900 000 immatriculations de janvier à mai, soit une hausse de 7 % par rapport à l’an dernier. Les offres commerciales et la disponibilité retrouvée des véhicules ont stimulé les ventes. Pourtant, derrière ce dynamisme apparent, la baisse des prix se confirme et s’installe depuis plusieurs mois.

Un indicateur retient l’attention : le prix moyen d’une voiture neuve en France. Après avoir culminé à 33 500 euros début 2023, il recule désormais, perdant en moyenne 3 % au printemps 2024 selon les chiffres AAA Data. Ce repli modéré tranche avec les hausses subies lors des années précédentes.

Le segment des véhicules électriques neufs subit les plus fortes pressions. Les niveaux de remise dépassent régulièrement 10 % sur certains modèles de grandes marques. Même tendance sur le marché de l’occasion : le prix des voitures d’occasion recule d’environ 4 % sur un an, ce qui encourage les acheteurs à comparer de plus près les deux segments.

Pour illustrer ces tendances, quelques données marquantes :

  • Immatriculations de voitures neuves en France (janvier-mai 2024) : +7 %
  • Prix moyen d’une voiture neuve au printemps 2024 : -3 %
  • Baisse du prix des voitures d’occasion sur 12 mois : -4 %

Le marché automobile français, encore dominé par les succès commerciaux de Renault, Peugeot et Volkswagen, aborde donc un tournant. La baisse des prix n’est plus un mirage pour les consommateurs attentifs.

Femme au bureau regardant des brochures automobiles

À quoi s’attendre pour les prix des voitures neuves en 2025 et 2026 ?

Les signaux venus du marché des voitures neuves laissent présager une poursuite de la baisse des prix au moins jusqu’à la mi-2026. Les constructeurs européens accélèrent la transformation de leurs catalogues : équipements simplifiés, moins de déclinaisons, remises plus marquées sur l’électrique comme sur le thermique. Ce recentrage s’explique par la multiplication des stocks et une concurrence étrangère de plus en plus agressive sur les petits modèles.

Trois variables pèseront dans la balance ces prochains mois :

  • L’intensité de la concurrence sur les véhicules électriques (Tesla, MG, BYD, mais aussi d’autres marques chinoises malgré les nouveaux droits de douane européens).
  • L’évolution du bonus écologique et la trajectoire du malus, qui redéfinissent en permanence le positionnement tarifaire des modèles neufs.
  • L’essor progressif des motorisations hybrides et électriques, avec une offre qui s’élargit et des coûts de production mieux maîtrisés.

Le scénario de référence table sur une tendance baissière du prix des voitures neuves en France, à condition que les cours des matières premières et de l’énergie restent stables. L’essence et le diesel devraient rester sous pression, mais la chute la plus marquée concernera sans doute les prix des véhicules électriques, grâce à l’effet volume et à des marges plus serrées.

Un autre facteur pourrait rebattre les cartes : le marché de la voiture d’occasion. Si la baisse des prix des véhicules neufs se confirme, l’écart avec l’occasion va se réduire, ce qui pourrait modifier les choix des acheteurs. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs, autant pour les professionnels du secteur que pour ceux qui cherchent la bonne affaire.

Le marché automobile n’a pas fini de surprendre. Si la baisse des prix s’installe durablement, c’est tout l’équilibre entre neuf, occasion et électrique qui pourrait basculer. Reste à savoir qui saura saisir la bonne opportunité au bon moment.

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